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La reprise d’entreprise en 6 étapes

4 min de lecture

Vous vous sentez l’âme d’un entrepreneur, mais les idées vous manquent ? Reprendre une entreprise pourrait répondre à vos aspirations.

En effet, le rachat d’une société comporte plusieurs avantages comparé à une création : des moyens de production existants, la génération immédiate de chiffre d’affaires, une plus grande facilité à évaluer le potentiel d’évolution, … À condition évidemment de bien préparer votre projet.

Nous vous présentons aujourd’hui la marche à suivre en 6 étapes pour reprendre une entreprise, avec les principaux points d’attention.

1. Faites le point sur votre projet de rachat

Avant de vous lancer à la recherche d’une entreprise à reprendre, vous devez bien sûr mûrir votre projet pour cibler le type d’entreprise que vous souhaitez reprendre :

  • Quelles sont vos motivations ?
  • Quels sont vos objectifs ?
  • Quelles compétences allez-vous mobiliser ?

On pourrait imaginer que reprendre une entreprise est plus simple qu’en créer une nouvelle. Pourtant, acheter une entreprise, même florissante, ne signifie pas qu’elle va perdurer.

Il est indispensable d’avoir l’envie d’entreprendre, et être prêt à assumer des responsabilités.

Votre investissement dans votre future entreprise va forcément nécessiter beaucoup de temps et d’énergie, ce qui va impacter votre vie personnelle. C’est pourquoi il est important d’avoir le soutien de vos proches.

2. Lancez votre recherche d’entreprise à vendre

Pour optimiser vos chances de trouver l’entreprise qui vous correspond, il va falloir être méthodique. Commencez par bien définir vos critères en termes de secteur d’activité, de région, de taille d’entreprise… afin de ne pas vous disperser. Car il faut savoir que la phase de prospection peut être chronophage.

En effet, le marché de la reprise d’entreprises est relativement tendu et opaque.

La majorité des entreprises à céder sont des TPE de moins de 5 salariés, souvent situées en zone rurale. Alors que les repreneurs recherchent essentiellement des entreprises de plus de 10 salariés, dans les grandes agglomérations.

Et environ 60 % des transactions sont issues du marché « fermé », autrement dit lorsque les cédants ont souhaité garder leur projet confidentiel.

Il faut donc mobiliser différents moyens :

  • Activer votre réseau personnel et professionnel
  • Consulter les bourses d’opportunités : Bourse de la transmission, Transentreprise
  • Se faire accompagner par un intermédiaire : la CCI, la Chambre des métiers, des experts-comptables…

3. Prenez contact avec le cédant

Une fois que vous avez repéré plusieurs opportunités de reprise, il est temps de vous forger une première opinion.

Vous avez tout intérêt à rencontrer rapidement le dirigeant pour affiner votre compréhension de la situation. Mais aussi comprendre ses motivations et le convaincre qu’avec vous, l’entreprise sera entre de bonnes mains. Il va donc falloir réussir à le cerner. Parfois, les cédants n’ont pas bien préparé leur projet, tentent de cacher certaines difficultés, ou bien ne sont pas vraiment prêts à quitter leur entreprise.

Certains signaux doivent vous alerter, voire vous conduire à écarter un dossier : forte baisse du chiffre d’affaires, présence d’un repreneur potentiel « naturel » (un cadre de l’entreprise ou un membre de la famille du dirigeant…). Si vous êtes le seul repreneur intéressé, il faut également se demander pourquoi…

4. Réalisez l’évaluation de l’entreprise à acheter

Les dirigeants que vous allez rencontrer ont certainement en tête un prix de cession. Mais vous devez vous assurer par vous-même de la valeur de l’entreprise. En sachant que l’aspect financier n’est pas le seul à prendre en compte.

Pour cela, vous devez réaliser un diagnostic sur les différents aspects de l’entreprise : économique, technique, opérationnel, juridique, humain, environnemental.

Cette analyse est indispensable pour repérer et anticiper les difficultés :

  • dispositions contractuelles qui lient l’entreprise à ses partenaires,
  • présence de clauses spécifiques dans le bail commercial,
  • climat managérial délétère,
  • litiges en cours,
  • contexte concurrentiel délicat,
  • futurs travaux impactant la voirie…

N’hésitez pas à utiliser le questionnaire élaboré par Bpifrance pour vous aider.

Vous pouvez commencer par commander une évaluation de la valeur de l’entreprise sur manageo.fr.

Si vous souhaitez limiter les risques au maximum, vous pouvez aller plus loin et demander à votre expert-comptable d’effectuer un audit d’acquisition. Il examinera l’ensemble des données comptables et financières avec objectivité, pour vous permettre de prendre une décision en toute connaissance de cause.

Avant de lancer un audit, vous devez rédiger une lettre d’intention. Elle permet à ce stade du projet de définir le cadre et les limites de la négociation. La lettre d’intention protège également les intérêts du cédant, qui vous donne accès à des informations confidentielles pour mener l’audit.

racheter un fonds de commerce
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Racheter un fonds de commerce est un bon moyen d’entreprendre.

5. Élaborez votre stratégie de développement et de financement

Reprendre une entreprise comporte un avantage de taille : vous n’avez pas à partir de zéro. Toutefois, cela ne vous dispense pas d’établir une stratégie solide, indispensable pour :

  • Garantir le développement de votre future entreprise
  • Rassurer le cédant, car quitter l’entreprise qu’on a fondé n’est pas chose aisée
  • Convaincre vos partenaires de vous accompagner.

L’élaboration d’un business plan reste donc nécessaire.

Concernant le financement de votre projet entrepreneurial, ayez à l’esprit qu’une reprise revient souvent plus cher qu’une création. En plus du prix de cession, il faut compter le coût des formalités, la nécessité de réinjecter de l’argent en cas de difficultés de trésorerie, les besoins en formation…

Prévoyez un apport personnel compris entre 25 % et 30 % du coût total. Pour boucler votre financement, plusieurs options existent : prêt bancaire, aides à la reprise d’entreprise, financement participatif

6. Concluez l’achat

Une fois que vous avez trouvé l’entreprise qui correspond à vos aspirations et offre des perspectives intéressantes, il est temps de négocier. Vous devrez vous mettre d’accord avec le cédant sur les modalités concrètes de la reprise.

Pour négocier le prix de la cession, vous pourrez vous référer aux éventuels risques détectés lors de la phase de diagnostic, ou suite à l’audit d’acquisition.

Pour concrétiser le rachat d’une entreprise, vous devrez signer un protocole d’accord avec le cédant. Cet acte juridique fixe les droits et les devoirs de chaque partie, et précise les conditions ainsi que le calendrier des opérations. Son contenu dépend du montage juridique choisi pour la reprise :

  • Soit vous rachetez le fonds de commerce : vous prenez possession uniquement de l’actif (clientèle, droit au bail, matériel…)
  • Soit vous rachetez les titres de la société : vous acquérez alors l’ensemble du patrimoine, autrement dit l’actif mais aussi le passif (les dettes) de la société.

Enfin, pensez à bien préparer votre arrivée dans votre nouvelle entreprise. Votre mission étant d’assurer une certaine continuité, tout en prenant le leadership. Vous allez donc devoir rassurer les salariés, maintenir le lien avec les partenaires, et prendre rapidement vos premières décisions opérationnelles pour vous imposer à la tête de l’entreprise.

Crédit photos : Blake Wisz, Rebecca Campbell

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