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Les offres de rachats par Free en 2014 : Bouygues Telecom, T-Mobile US et Orange Suisse

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En 2014, Free a beaucoup fait parler avec ses offres de rachat dans le domaine de la téléphonie mobile. Si Iliad, la maison mère de Free n’a pas réussi à prendre le contrôle de Bouygues Telecom ou de T-Mobile US, Xavier Niel a finalisé le rachat d’Orange Suisse.

Juin 2014, Free aurait fait une offre sur Bouygues Telecom

Les 4 à 5 milliards d’euros proposés par la maison mère de Free seraient considérés insuffisant par le Bouygues Telecom, qui en demande entre 6 et 7 milliards d’euros pour sa branche télécom. Iliad, propose donc un montant inférieur au marché, un peu plus de la moitié de ce que demande son concurrent.

Des négociations au point mort

Pour le moment, les négociations entre Iliad et Bouygues sont à l’arrêt. Toutefois, Bouygues espère toujours un rapprochement capitalistique avec Orange, ce qui lui permettrait de sauver sa branche télécom et le sortirait d’une situation financière qui se dégrade.

Ce rapprochement avec Orange a été confirmé par le ministre de l’économie, qui a déclaré que « le retour à trois opérateurs télécoms en France se fera ». D’après lui, la concurrence que se livrent les quatre opérateurs français serait néfaste pour l’emploi et l’investissement.

Par ailleurs, Stéphane Richard, le patron d’Orange vient de confirmer que la consolidation des télécoms français n’était plus qu’une question de semaines.

Bouygues contraint au plan social

L’annonce des négociations entre Iliad et Bouygues Telecom intervient dans un contexte plus que difficile pour Bouygues. Au premier trimestre, il a vu ses comptes retomber dans le rouge et a immédiatement convoqué un comité central d’entreprise pour dévoiler son nouveau plan stratégique et annoncer de nouvelles suppressions d’emplois qui pourraient être encore plus importantes que celles annoncées le mois dernier.

En mai, les syndicats évoquaient un plan social portant sur 1 500 à 2 000 emplois, ce qui représenterait environ 20 % des effectifs du groupe. Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom, a lui-même admis l’imminence d’un plan social dans l’entreprise.

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Août 2014, Free fait une offre surprise sur T-Mobile US

L’information a d’abord été révélée dans le Wall Street Journal qui s’est étonné de voir débarquer «un enchérisseur surprise dans la bataille pour T-Mobile US ».

En qualifiant Xavier Niel de « fauteur de troubles », le Wall Street Journal explique que le « self-made milliardaire espère avoir le même effet perturbateur qu’en France, où il a été une épine douloureuse dans le pied des autres opérateurs téléphoniques du pays » lorsqu’il est arrivé sur le marché en 2012.

« Guerre des offres avec Sprint »

Pour ce qui est des faits, Iliad propose 15 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros) pour acquérir 56,6% de T-Mobile US, soit 33 dollars par action, et promet 10 milliards de dollars de synergies « au bénéfice des actionnaires de T-Mobile US », ce qui « conduit à une valeur globale de 36,2 dollars par action, soit une prime de 42% par rapport au cours de Bourse » de l’opérateur fin 2013, et ce avant les « rumeurs de marché relatives au rapprochement entre Sprint et T-Mobile US ».

Le groupe de Xavier Niel déclenche ainsi « la guerre des offres avec Sprint », le troisième opérateur mobile américain qui veut lui aussi s’offrir T-Mobile US.

« La bataille des francs-tireurs »  

La société Sprint est détenue par Softbank, firme du très ambitieux homme d’affaires japonais Masayoshi Son, qui n’a jamais caché sa volonté de mettre la main sur T-Mobile pour constituer un opérateur capable de rivaliser avec les deux géants du secteur, AT&T et Verizon, qui détiennent à eux seuls 70% du marché américain (200 millions d’abonnés).

Selon PC-Magazine, il s’agit d’une « bataille de francs-tireurs ».

Iliad et Softbank ont beaucoup en commun : ils sont tous les deux dirigés par leurs fondateurs, des grandes gueules génies du business high-tech et qui ont bouleversé le secteur des télécoms dans leurs pays en cassant les prix et en pratiquant des politiques favorables aux consommateurs .

PC-Magazine

« Une opération audacieuse »

Le montage financier imaginé par Xavier Niel prévoit 6 milliards d’euros, dont 2 milliards sur fonds propres et quatre milliards empruntés, qui seront ensuite injectés dans une holding détenue entièrement par Iliad.

Il est prévu par la suite que cette holding lève cinq milliards d’euros supplémentaires de dettes pour atteindre les 11 milliards nécessaires pour prendre le contrôle de T-Mobile. Cette dette pourrait représenter environ quatre fois l’Ebitda d’Iliad, un niveau jugé raisonnable pour ce genre de transaction.

Selon une source proche du dossier, l’opérateur français se montre prudent en expliquant que «  rien ne garantit que son offre sera acceptée par le conseil d’administration de T-Mobile US et qu’il en résultera une transaction ». Il précise également qu’il veillera à «  respecter une discipline financière rigoureuse et à ne s’engager que sur un projet créateur de valeurs pour tous ses actionnaires ».

« L’opération est audacieuse, mais Free en a les moyens », ajoute cette source.

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Août 2014, Deutsche Telekom juge l’offre de Free insuffisante pour T-Mobile US

A plusieurs reprises, Tim Höttges a répété dans les médias ne pas avoir reçu d’offre « satisfaisante » pour T-Mobile US, filiale qu’il possède aux Etats-Unis depuis 2001. La maison mère de Free, Iliad avait montré son intérêt début août en offrant 15 millions de dollars, mais son offre n’a pas été retenue.

Deutsche Telekom espère plus de 15 millions de dollars pour T-Mobile US

Tim Höttges rappelle que Deutsche Telekom a « toujours dit qu’elle restait ouverte à des offres pour T-Mobile US, qui permettraient d’améliorer sa situation et celle de ses actionnaires (…). Pour l’instant, nous n’en avons reçu aucune qui apporte plus que celle qui consiste à rester tout seul là-bas », conclut le directeur financier du groupe allemand.

En revanche, il s’est étendu sur le « bon travail » accompli par ses équipes aux Etats-Unis « qui ont construit une forte position sur le marché américain ». Une manière de faire savoir qu’il ne cédera pas sa filiale gracieusement mais qu’il faudra y mettre le prix.

Quant à la situation de T-Mobile US, depuis ce battage médiatique, elle s’améliore. La filiale a vu son profit net au deuxième trimestre grimper de 34%.

Deutsche Telekom ne dit pas « non » à Free

La porte n’est pas définitivement fermée entre Free et Deutsche Telekom, car ce dernier n’a pas beaucoup de marge de manœuvre.

L’opérateur allemand souhaite se défaire de T-Mobile US depuis près de 3 ans, pour se concentrer sur l’Europe (où ses marchés historiques d’Europe centrale et d’Allemagne font face à de sérieux concurrents comme Vodafone notamment).

La proposition de Free est par ailleurs concrète, financée et surtout elle ne pose aucun problème aux autorités de régulation américaines, comme c’était le cas avec Sprint (troisième opérateur des Etats-Unis qui était intéressé par T-Mobile).

Pour Free, il s’agit de savoir s’il convient d’augmenter son offre initiale et ensuite à quel moment se manifester. L’irruption d’un troisième acteur pourrait redéfinir le jeu mais rien n’est perdu pour Free.

Free prépare une nouvelle offre sur T-Mobile US

Depuis le 12 septembre 2014, date de l’ouverture du processus d’enchères sur les nouvelles fréquences dans la téléphonie mobile, les opérateurs de télécoms américains n’ont plus le droit de lancer d’opérations capitalistiques, ni d’échanger d’informations de nature concurrentielle, et ce pour une période de deux mois. Participent à ces enchères les principaux acteurs des télécoms américains : ATT, Verizon, T-Mobile US et l’opérateur satellitaire Dish.

Deux mois pour convaincre

Fin juillet, le groupe Iliad a proposé à Deutsche Telekom 15 milliards de dollars (11,5 milliards d’euro) pour acquérir 56,6 % du capital de T-Mobile (le groupe allemand possède 67 % du capital) soit l’équivalent de 33 dollars par action. Offre jugée insuffisante par Deutsche Telekom qui avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas vendre en dessous de 35 dollars l’action.

Avec l’ouverture de ces enchères, Free va avoir deux mois pour améliorer son offre de rachat. L’opérateur français aurait par ailleurs choisi l’option du partenariat, notamment des fonds d’investissement pour augmenter son offre. De passage à New York, où Free venait présenter ses résultats semestriels aux investisseurs, les équipes de Xavier Niel en ont profité pour détailler à nouveau leur projet de rachat.  

Chez Free, on explique qu’il n’est pour l’instant pas question d’augmenter l’offre de rachat car le groupe ne s’écartera pas de « sa discipline financière  », qui exclut de dépasser le ratio de 4,5 fois l’Ebitda pour sa dette. Il peut, en revanche, modifier le montant du capital de T-Mobile qu’il souhaite racheter et c’est semble-t-il cette option qu’il privilégie pour le moment.

Free va devoir offrir au moins 35 dollars l’action

Une source proche de l’opérateur français explique que « la première offre a été présentée il y a un bon mois. Il n’y a pas de raison que Free serve de lièvre pendant des semaines pour Deutsche Telekom et d’éventuels nouveaux acquéreurs », d’autant plus que T-Mobile US a été mis en vente il y a déjà plusieurs années.

Certains analystes considèrent que Free n’a guère de chance de réussir s’il n’améliore pas son offre, « il faut au minimum offrir 35 dollars par action pour commencer à discuter avec Deutsche Telekom, et probablement 36 dollars pour les convaincre », explique-t-on.

Chez Deutsche Telekom, on fait savoir qu’il n’y a « pas d’urgence particulière » à vendre maintenant, étant donné que Dish (opérateur satellitaire américain) aurait manifesté son intérêt dans le rachat de T-Mobile US et engagera les négociations après la fin des enchères. Ce qui devrait inciter Free à améliorer sa proposition au plus vite s’il a réellement l’intention de partir à la conquête de l’Amérique.

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Xavier Niel, rachète Orange Suisse via NJJ Capital

Cette acquisition menée à travers la holding personnelle de Xavier Niel, NJJ Capital, intervient quelques mois après une autre acquisition d’importance, le rachat de Monaco Télécom.

Une nouvelle clientèle

Le récent revers de la société mère de Free, Iliad, qui n’est pas parvenue à mener à bien sa tentative de rachat de l’opérateur T-Mobile aux Etats-Unis, n’empêche pas Xavier Niel de poursuivre son expansion.

En rachetant Orange Suisse au fonds d’investissement Apax Partners pour 2,8 milliards de francs suisses, le fondateur de Free s’empare ainsi du 3ème opérateur suisse qui compte 2,1 millions de clients.

La spécificité de cette clientèle repose sur son revenu par abonné (Arpu) de 33,2 euros, soit deux fois plus élevé que la moyenne en France. De plus, Orange Suisse dispose d’un excellent réseau mobile qui couvre 90% de la population helvétique. 

Prolongement et continuité à long terme

Dans un communiqué de presse, Xavier Niel s’exprime sur son nouveau challenge :

Depuis 2012, lorsqu’Orange Suisse a été rachetée (…), mon équipe et moi-même avons suivi de près l’évolution de l’entreprise. Nous avons observé la transformation réussie d’Orange Suisse sous la direction d’Apax. En tant que nouveau propriétaire d’Orange Suisse, NJJ Capital apportera de la continuité aux clients d’Orange Suisse ainsi qu’à ses employés et à sa direction.

Xavier Niel

Le patron de Free évoque également une stratégie à long terme et un management en adéquation avec les spécificités du marché suisse.

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