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Effervescence autour des formes alternatives de l’emploi

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Les investisseurs croient au succès des formes alternatives de l’emploi et n’hésitent pas à injecter des capitaux dans ces « modèles économiques ». Les entreprises spécialisées qui ambitionnent de donner un coup d’accélérateur à leur croissance externe recherchent d’ailleurs des moyens financiers leur permettant d’atteindre leurs objectifs.

Une levée de fonds de 80 000 euros pour Malt

Ainsi, Malt, la plateforme de mise en relation des entreprises et travailleurs indépendants, a levé 80 millions d’euros auprès de Goldman Sachs Growth Equity et Eurazeo, deux fonds qui soutiennent déjà différentes scale-ups en plein essor comme Talentsoft ou Voodoo. Ils rejoignent entre autres Isai et Serena au capital, ces deux actionnaires ayant également contribué à ce dernier tour de table.

Ces nouveaux fonds vont servir à financer son expansion à l’international, car la start-up souhaite s’implanter sur des marchés plus matures, dont le Royaume-Uni et la Scandinavie, par le biais d’opérations de croissance externe. En parallèle, elle envisage de développer des services annexes afin de répondre aux nouvelles exigences des travailleurs indépendants (marketing, commercial, et financier). Car au-delà d’un levier pour décrocher de nouvelles missions, les freelances recherchent chez un tel partenaire un véritable accompagnement serviciel.

D’après toujours son dirigeant, Malt va également permettre à 150 travailleurs indépendants de devenir actionnaires de l’entreprise. L’objectif est d’offrir à ces derniers un facteur de motivation supplémentaire pour les encourager à rester sur la plateforme alors que la concurrence s’intensifie sur ce marché. Elle a ainsi négocié auprès des nouveaux investisseurs le déblocage d’un budget d’un million d’euros. Valable jusqu’à la fin de cette année, cette offre s’adresse aux travailleurs établis en France, en Allemagne et en Espagne (les pays dans lesquels la plateforme est déjà opérationnelle), mais les critères exacts de sélection des bénéficiaires restent à définir.

La jeune pousse vise la rentabilité en 2021.

Un tour de table de 425 millions de dollars pour Deel

De son côté, la start-up californienne Deel a bouclé un tour de table de 425 millions de dollars auprès de Coatue, ainsi que les partenaires Rahul Kishore et Lucas Swisher. D’autres investisseurs, dont certaines étaient déjà des actionnaires de la jeune pousse, ont participé : Altimeter Capital, Andreessen Horowitz, YC Continuity Fund, Spark Capital, Green Bay Ventures, Neo. Au total depuis 2018, le montant des fonds levés atteint 631 millions de dollars, pour une valorisation actuelle à 5,5 milliards de dollars.

Cette plateforme propose ses services aux entreprises souhaitant embaucher des salariés ou des entrepreneurs freelances à l’étranger sans avoir à créer et gérer une structure juridique légale dans les pays concernés. 50 entités à travers le monde se chargent de l’ensemble du processus de recrutement et de rémunération. Son succès repose sur la facilité du recrutement et des transactions financières, car le règlement de ses prestations peut se faire en plus de 120 monnaies.

Grâce à cette levée de fonds, Deel compte améliorer l’expérience d’on-boarding de sa plateforme et rendre le télétravail plus accessible, cette pratique s’étant généralisée avec la pandémie du Covid. De plus, dans un contexte de pénurie des talents, le besoin de compétences à l’international reste important. Pour preuve, depuis avril 2021, le nombre de clients de Deel est passé de 1 800 à 4 500 (ils étaient 500 en septembre 2020), incluant de grands acteurs économiques tels que Shopify, Dropbox ou encore Coinbase, tandis que ses effectifs ont grimpé à 400 personnes (contre 115 au début de la période). Selon Alex Bouaziz, son CEO et co-fondateur, « son chiffre d’affaires pour 2021 devrait s’élever à 50 millions ». Elle projette en outre de poursuivre ses acquisitions et les embauches et ouvrir davantage de représentations.

Une opération de LBO pour Legalstart

De son côté, la plateforme de services juridiques en ligne Legalstart a choisi une opération de LBO (Leveraged Buy-Out) pour financer sa croissance externe. Cette stratégie lui permet également d’associer son équipe de managers au capital de l’entreprise. Et cela bien qu’elle soit profitable depuis ses débuts, et affiche depuis 2015 un taux de croissance annuelle de plus de 70 % en autofinancement intégral sans lever de fonds.

Legalstart propose aux entrepreneurs et travailleurs indépendants qui veulent créer ou gérer une entreprise une solution 100 % digitale sur l’ensemble des thématiques simples de droit de l’entreprise grâce à une palette de services décrits par ses fondateurs comme « ultra-fluides ». Le modèle a déjà séduit des centaines de milliers d’utilisateurs désireux de s’alléger les contraintes administratives. 

L’opération de LBO a été pilotée par le fonds d’investissement ISAI Expansion, actionnaire depuis 2019 et qui accroît ainsi sa participation, et le spécialiste des opérations de financement subordonné OMNES.

Newlife opte pour une nouvelle acquisition

Acteur majeur des formes alternatives de l’emploi, Newlife, qui détient déjà le leader du portage salarial ITG.fr, renforce sa position sur le marché par le rachat de Consultime, le spécialiste des services IT auprès des grands comptes et des ESSN. Il affiche des prévisions de chiffre d’affaires de 50 millions d’euros pour l’exercice 2021 et 42 % d’augmentation de l’activité au cours du premier semestre après +40 % l’an dernier.

Cette opération soutenue par IDI, actionnaire majoritaire, qui détient 50,50 % de parts et par le groupe Chevrillon, va principalement servir à diversifier l’offre de services du groupe Newlife. Il mise notamment sur la plateforme Freelance-Informatique qui rassemble les meilleurs freelances IT.

Cette acquisition fait suite à la prise de contrôle intégrale de Freeteam en mars 2021. Ce dernier, un professionnel du portage salarial dans les métiers de l’IT en activité depuis les années 2000 à Paris, Lyon, Nantes, Bordeaux et Clermont-Ferrand et sur la plateforme Freelance-Informatique, génère près de 40 M€ de revenus. 

La toute dernière intégration de l’entreprise francilienne lui permet d’espérer 300 millions d’euros de revenus pour 2021, soit une progression de 50 % sur un an. Marco de Alfaro, membre du comité exécutif de l’IDI, a annoncé être « en train d’étudier » d’autres opportunités de développement et convaincre plus de travailleurs indépendants parmi les quelque trois millions que compte l’Hexagone.

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