AccueilDataAgriculture et Big Data, une association pleine d'avenir !

Agriculture et Big Data, une association pleine d’avenir !

4 min de lecture

L’agriculture française qui fait partie des plus puissantes d’Europe, continue sa révolution en toute discrétion. Après une digitalisation intensive, un nouveau challenge se présente aux portes du secteur primaire, le Big Data devient un enjeu crucial pour l’agriculture française en 2017. 

Un nouveau visage pour le métier d’agriculteur

Une forte digitalisation du secteur

Avec 70% des agriculteurs qui utilisent des applications professionnelles pour gérer leur exploitation, l’agriculture est un des secteurs les plus digitalisé en France.

Des applications mobiles qui s’avèrent de plus en plus incontournables pour une gestion fluide de son exploitation, car être agriculteur c’est : 

10.000 métiers différents à pratiquer par un seul homme. Le numérique va vraiment aider les agriculteurs à produire plus et mieux.

Véronique Bellon-Maurel, directrice du département écotechnologies à l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture)

Des innovations qui se multiplient pour aider les agriculteurs

Autant de technologies mêlant météorologie, biologie ou interventions humaines et qui permettent d’aider à la production agricole.

Les drones en sont le parfait exemple, ces derniers sont capables, en survolant une parcelle, de fournir de nombreuses informations à leur propriétaire :

  • Une cartographie du stress hydrique des plantes d’un champs. L’agriculteur pourra ainsi arroser avec précision des parties précises de sa parcelle. Une économie, de temps mais surtout d’eau et au final un bénéfice tant économique et qu’écologique.
  • Une cartographie de la biomasse végétale qui aide au diagnostic de la santé des plantes…

Nous pouvons également citer la start-up Naio, qui propose un robot de désherbage et de binage automatique permettant de rendre le sol perméable aux rosées et à l’air. 

Avec le raz de marée des objets connectés, les sources de données se multiplient et se diversifient. Cette inondation touche de plein fouet l’agriculture. 

Des tracteurs équipés de GPS, des drones survolant les champs, des appareils analysant la santé des animaux… 200 millions d’objets connectés sont prévus dans le secteur de l’agriculture d’ici 2020 ! 

Des tonnes de données qui peuvent être exploitées, traitées et analysées, la révolution Big Data touche donc désormais ce secteur d’activité.

Des data à la ferme, moins de dépenses à la fin du mois

Si les agriculteurs investissent dans ces « gadgets » c’est qu’ils sont potentiellement la source d’économies importantes à la fois à court et long terme. 

Prenons un exemple : Jean, agriculteur de son état, installe des capteurs connectés dans son champ, ces derniers peuvent indiquer l’état hydrique des plantes. Jean va ainsi pouvoir savoir avec précision si une partie de ses plantations sont en état de stress hydrique, il sera donc capable de déterminer où arroser et dans quelle proportion. Jean aura, grâce à cette technique de surveillance, économisé entre 15 et 20% de sa consommation d’eau en un an. Une réussite sur le plan économique mais également écologique.

Un cercle vertueux grâce au Big Data

Au départ, l’agriculteur…

Pour illustrer ce cercle vertueux, appuyons-nous sur un autre exemple. Guillaume a installé un autre type de capteur dans son champ qui va l’informer de la qualité nutritive de ses terres. Il peut ainsi déceler si certaines parties de son exploitation ont besoin d’engrais, dans quelles proportions ou lesquelles sont au contraire trop alimentées.

Guillaume sera donc en mesure de mieux répartir ses engrais azotés et en tirera plusieurs bénéfices :

  • Une réduction de la quantité utilisée en fertilisant aux bons endroits avec les bonnes doses.
  • Ne pas « stresser » la terre en l’acidifiant trop à cause d’une sur-utilisation de ces engrais azotés.

Guillaume optimise ainsi sa production en faisant  des économies et en préservant la qualité de ses terres mais optimise également son temps en passant moins de temps à naviguer en tracteur pour traiter ses plantes.

…Puis, les fournisseurs d’engrais…

Le gain grâce au big data ne s’arrête pas là, en agrégeant une première fois les données remontées par les agriculteurs comme Guillaume, les agro-fournisseurs vont pouvoir apprendre à s’adapter. En connaissant les besoins avec plus d’exactitude de leurs clients ces derniers pourront :

  • Connaître leurs besoins qualitatifs, quels sont les produits les plus efficaces pour les exploitations locales
  • Connaître leurs besoins quantitatifs en connaissant la quantité de produits utilisés, ils pourront adapter leur production avec plus de précision
  • Optimiser les stocks en fonction de la quantité à produire, mais aussi sur la saisonnalité d’utilisation de leurs produits.

…Pour finir chez les fabricants

Ces données vont ensuite être rassemblées au niveau national, voire mondial, ainsi les producteurs pourront collecter davantage d’informations sur leurs produits, une multitude de données qui permettra aux entreprises d’engrais de fournir des produits plus adaptés. En prenant en compte plus de facteurs grâce aux datas, fournir un produit plus efficace et éco responsable sera plus accessible.

Par exemple, le producteur pourra comprendre qu’un engrais est conseillé pour tel ou tel type de sol, avec tel ou tel climat…Et le cycle redémarre, avec le nouveau produit dans les mains de Guillaume, armé de nouveaux conseils sur son application, de nouvelles données repartirons dans le cycle…

Le Big Data va donc permettre la mise en place d’un cercle vertueux pour le secteur primaire pour une agriculture plus économe, plus écologique et plus précise.

Il y a toujours un Mais…

En effet, la question est… A qui appartient la donnée émise ? Au propriétaire de l’objet connecté ? A son fabriquant ? Qui doit payer qui pour l’accès à cette donnée et pour son exploitation ? Beaucoup de questions qui pointent du doigt le besoin d’un cadre juridique rigoureux… Qui n’existe malheureusement pas encore.

Car selon le cadre législatif, si la donnée ne concerne pas un individu, mais des plantes ou des animaux elle est la propriété de celui qui la reçoit et non de celui qui l’émet. Bien que la plupart des entreprises agrégeant les données agricoles lèguent la propriété des datas récoltées aux agriculteurs, il existe un fossé législatif, au niveau français comme européen. Ce flou va pourtant représenter une part non négligeable de la question : « Qui va contrôler la donnée » ?

Avec l’arrivée de puissants groupes, notamment américains, sur le marché du big data dans l’agriculture, une réponse doit être apportée. 2016 a marqué les balbutiements, 2017 sera l’année de l’expérimentation. Le mariage du big data et de l’agriculture est lancé, mais de nombreux points doivent être réglés pour éviter une liaison infernale et déséquilibrée.

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